Commençons par écrire quelque chose qui nous fera le plus grand bien : peut-être êtes-vous accroc à Netflix, mais sachez que ce n’est pas tout à fait de votre faute. Et avant même d’entreprendre quelques séances avec un coach de vie, il peut s’avérer bénéfique de prendre du recul, et d’identifier, même vaguement, quel est le problème.

Il est grand temps en effet de se rassurer votre éventuelle addiction aux séries, et surtout d’arrêter de culpabiliser. Dans l’univers de Netflix, et plus généralement de l’industrie audiovisuelle ou des applications pour smartphones et des réseaux sociaux, tout est fait pour vous rendre absolument accroc.

Qu’il s’agisse des GAFA, d’Instagram, de Snapchat ou de Netflix, l’important est de comprendre que votre addiction est le résultat du travail des meilleures équipes d’ingénieurs. Comme on l’entend souvent, « si c’est gratuit, c’est toi le produit ».

Le phénomène a évidemment de quoi inquiéter. Des personnes qui pratiquent la chirurgie esthétique pour ressembler à leur propre filtre Snapchat (voir l’intéressant article de la revue Sciences et Avenir sur la dysmorphie Snapchat) au cas de cet indien hautement dépendant à Netflix dont nous parlions dans un article précédent en passant par les chiffres démentiels du nombre de morts par an pour cause de selfie, il y a une conclusion qu’il nous faut tirer dès à présent : l’humain ne devient pas plus fou de jour en jour, mais le monde dans lequel il vit, éventuellement, oui.

C’est pourquoi il est de notre rôle à nous, professionnels tels que psychologues, chercheurs ou coaches de vie, d’alerter sur cette réalité qui peu à peu émerge dans nos cabinets de consultation.

 

La méthode de Netflix pour vous rendre accroc

Avant toute chose, notons que Netflix se démarque par une stratégie commerciale très différente des autres entreprises que nous venons de citer. En effet, là où ces dernières (Facebook, Instagram, Snapchat, etc), sont gratuites et gagnent de l’argent en revendant les données de leurs utilisateurs, Netflix est payant.

Vous savez certainement déjà comment cela fonctionne : vous optez pour l’un des trois abonnements à 8, 12 ou 16 euros, et cela vous donne un certain nombre de fonctionnalités telles que la 4K ou le partage d’écran simultanés. Mais surtout, vous avez la possibilité de ne payer qu’un seul abonnement et d’en faire votre famille ou de vos amis, il suffit pour cela de leur donner les codes d’accès.

Ne vous méprenez pas sur la grande tolérance de Netflix vis-à-vis de cette pratique. Et rappelez-vous bien que si vous en avez la possibilité, c’est que la plateforme le veut bien, et donc que cela lui rapporte.

 

Netflix veut rendre les gens de plus en plus dépendants à ses séries

En effet, lorsqu’on vous propose des codes d’accès à Netflix, on ne vous propose pas qu’un accès illimité à un grand nombre de films et séries, mais de participer activement à l’immense monopole que représente déjà Netflix sur l’industrie audiovisuelle. Aller sur Netflix, même gratuitement, c’est nourrir la machine, lui offrir vos données, vos goûts, c’est lui faire de la publicité car vous allez en parler autour de vous, et surtout, c’est lui permettre de connaitre exactement ce qui fonctionne ou pas en terme de séries.

Évidemment pour la plateforme, il n’y a qu’à régulièrement lancer la fausse rumeur que cette pratique sera bientôt interdite ou impossible pour pour nous donner soudainement une envie irrépressible de profiter encore un peu de cet accès gratuit et soi-disant éphémère.

Jusqu’au jour où effectivement, Netflix rendra la pratique impossible. Mais ce jour-là, évidemment, nous serons tous si accrocs à Netflix, et son pouvoir sera déjà si immense que nous n’aurons plus d’autre choix que de nous abonner.

Une stratégie tentaculaire sur le très long terme, déjà adoptée par un certain Jeff Bezos…

Ci-dessous, une infographie de l’évolution du nombre d’abonnés Netflix dans le monde. Notons qu’en France, nous sommes 5 millions à lui faire officiellement confiance. Et combien d’entre nous en bénéficient-ils gratuitement ? Personne ne le sait, mais tout laisse à penser que le chiffre est absolument énorme.

évolution du nombre d'abonnés Netflix

 

 

Le mot d’un coach de vie concernant l’addiction aux séries

C’est pourquoi, comme je le disais en introduction, il est temps d’arrêter de culpabiliser. Cela d’ailleurs peut aussi faire l’objet d’un suivi dans mon cabinet de coaching, mais même avant cela, il me semble important de bien observer ce que vous pensez peut-être être une addiction aux séries.

Pour résoudre un problème, il faut d’abord le connaitre, et donc l’observer attentivement. Cela ne peut se faire si l’on est totalement rongé de remords ou de culpabilité.

Posez-vous donc cette question : suis-je accroc aux séries ? Si oui, jusqu’à quel point ? Et surtout, pourquoi ?

Car si la nature de cet article est de rendre explicite les raisons du succès de Netflix, et celles qui font que tous et toutes, nous tombons si facilement dans son piège, il n’empêche que pour certaines personnes peut-être plus vulnérables, aller sur Netflix s’apparentera véritablement à une forme d’aliénation.

Tel est finalement la nature même de mon métier de coach, et ce pourquoi je l’aime tant : parce que nous apportons d’autres outils aux patients que ceux que proposeront un psychologue.

Discuter avec un coach de vie, ce n’est ni se confesser, ni ouvrir une plaie, ni parler avec un ami. C’est se confier à un professionnel qui va vous proposer une méthode pour pleinement identifier le problème, pour ensuite vous présenter un programme, en vue de l’amélioration de ce problème.

Or l’addiction aux séries, un peu comme l’addiction au travail par exemple, n’est pas une addiction physique en soi (comme dans le cas de certaines drogues) : c’est généralement un refuge, un palliatif, afin de fuir autre chose.

Or pour être pleinement heureux et épanoui, l’attitude de fuite et l’évitement de nos angoisses sont, vraisemblablement, la mauvaise route à prendre.

N’hésitez pas à consulter mes autres articles au sujet des addictions 3.0, et à prendre rendez-vous dans mon cabinet de coaching à Rouen.